Investissez en bon père de famille: copiez votre assureur ! Retour

Prenez soin de l’avenir financier de votre famille

Finalement c’est quoi investir « en bon père de famille » ? Il n’y a pas de définition précise, mais chacun a sa propre image de ce qu’est un « bon père de famille ». Pour moi investir en bon père de famille cela revient à  rechercher une valorisation régulière de son capital sur le long terme, sans grande prise de risque. Ça ne veut pas dire pas de risque du tout, mais peu de risque. Et bien devinez quoi: il y a des investisseurs professionnels qui font ça depuis des décennies et que nous connaissons tous: les assureurs ! Alors pourquoi ne pas les copier ? Éclairage…

L’assureur, modèle d’investisseur « bon père de famille » ?

Les compagnies d’assurance collectent des montants phénoménaux de capitaux, que ce soit en assurance dommage (assurance auto, habitation, …) ou en épargne (assurance-vie, épargne retraite, …).

En contrepartie la compagnie d’assurance a ce qu’on appelle des « engagements » vis à vis de ses assurés. Par exemple si vous avez un accident de voiture, l’assureur devra vous indemniser. Ou si vous ouvrez un contrat d’assurance-vie en Euros, l’assureur devra rémunérer votre épargne chaque année.

Ainsi, une compagnie d’assurance doit investir ce qu’on appelle son « actif général » de manière sécuritaire à long terme.

Alors elles investissent dans quoi les compagnies d’assurance ?

Bien entendu selon les assureurs la répartition peut être différente mais globalement on retrouve 3 types d’actifs dans l’actif général d’une compagnie d’assurance:

  • une poche « sans risque », investie en emprunts d’Etat ou en obligations d’entreprises très bien notées et donc réputés sans risque
  • une poche « à risque faible », investie en obligations d’entreprises un peu moins bien notées mais qui sont tout de même très solides (catégorie « investment grade » qui va jusqu’à une note de BBB-)
  • une poche « dynamique » donc plus risquée qui va permettre à l’assureur d’améliorer le rendement à long terme de ses actifs: actions ou immobilier

Le « sans risque » pour la liquidité:

En gestion de patrimoine on considère en général qu‘il faut conserver 3 à 6 mois de revenus investis sur des actifs sans risque et mobilisables rapidement. Le but c’est d’avoir de quoi faire face à un imprévu, mais comme le « sans risque » ne rapporte presque rien (le rendement couvre à peine l’inflation) il ne faut pas non plus trop gonfler ce bas de laine.

Bien sur vous n’allez pas acheter des emprunts d’État ça n’est pas un marché fait pour les particuliers et de toute manière le rendement est trop faible. Le livret A et le LDD semblent être les meilleurs options pour cette poche sans risque de votre patrimoine.

Les investissements financiers à risque faible:

Le marché des obligations d’entreprises bien notées (et donc réputées bonnes payeuses) est très intéressant puisqu’il permet d’obtenir un rendement correct en contrepartie d’un risque faible. Toutefois ce marché n’est pas aisément accessible à l’investisseur particulier en direct et pour cause: le minimum d’investissement pas obligation est généralement de 50 000 € pour les émissions intéressantes. Autant dire qu’en dessous de 500 k€ (ce qui permet de diversifier sur 10 émetteurs pour ne pas avoir tous ses œufs dans le même panier) ça n’est pas jouable en direct.

Néanmoins si vous n’avez pas cette somme à investir vous pouvez tout à fait trouver votre bonheur sur des OPCVM obligataires. Il y en a de très bons ! J’ai par exemple rédigé un article la semaine dernière sur des fonds obligataires à échéance. On peut également trouver des fonds obligataires « classiques » très performants comme Templeton Global Total Return (ou Amundi Oblig Internationales (120 % de performance sur 10 ans) par exemple. Selon votre sensibilité vous pourrez positionner une partie de vos avoirs sur des obligations indexées contre l’inflation, de la dette émergente voire même des obligations convertibles (plus risquées): le choix ne manque pas !

Pour des raisons fiscales passer par un contrat d’assurance-vie sera sans doute pertinent.

La poche de diversification pour doper le rendement:

Gérer ses placements en bon père de famille ne veut pas pour autant dire qu’il ne faut pas prendre de risque du tout. En effet, si vous avez un horizon d’investissement de long terme (au moins 8 – 10 ans) alors affecter une partie de votre épargne à des supports dynamique est une bonne idée si vous voulez augmenter le rendement moyen de votre patrimoine. Reste quand même à bien choisir…

2 classes d’actifs doivent être privilégiées: l’immobilier et les actions

Pour l’immobilier investir en SCPI est sans aucun doute la solution la plus pertinente. Je vous invite à relire mon article présentant les atouts des SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier). Selon votre tranche marginale d’imposition un achat de SCPI dans le cadre fiscal de l’assurance-vie peut être intéressant. Je reviendrai prochainement dans un nouvel article sur l’immobilier d’habitation classique, qui à mon sens ne présente que très peu d’intérêt car trop cher, trop taxé et trop risqué. D’ailleurs les assureurs ne possèdent pratiquement plus du tout d’immobilier d’habitation depuis plusieurs années, ce qui pour moi est un signe clair qu’il n’y a pas de rentabilité à en attendre à long terme.

Concernant les actions soyons clair: le recours à la gestion collective, en passant donc par des fonds d’investissement, est sans aucun doute la voie royale. C’est beaucoup moins risqué, ça demande bien moins de temps de suivi et surtout les performances sont largement meilleures si les fonds sont choisis avec soin.

Bilan:

Alors vous vous sentez prêt à faire des placements en « bon père de famille » comme une compagnie d’assurance ? Si oui, j’ai encore quelques petits conseils à vous donner:

  • si la partie « investissement sécuritaire » est à la portée de tous, le reste n’est pas simple à appréhender et il semble préférable de vous faire accompagner par un professionnel pour éviter les erreurs. En effet choisir des obligations ou des fonds obligataires performants ne s’improvise pas. Idem pour la poche de diversification en SCPI et / ou en actions: si vous n’êtes pas un investisseur averti vous passer d’un professionnel de la gestion de patrimoine risque au final de vous couter cher !
  • vous remarquerez qu’ hormis pour la poche sécuritaire, qui doit représenter 3 à 6 mois de revenus, je ne vous donne pas de conseil sur le poids à donner aux autres classes d’actifs. C’est en effet à vous de le déterminer en fonction de votre niveau d’aversion au risque et de votre horizon de placement: plus votre horizon est lointain et plus vous pouvez vous permettre d’augmenter la prise de risque.

 

Commentaires

1. Cyril de "Meilleures SICAV" - 13 juillet 2013
Bonjour,

Merci pour cet article très clair et très méthodique (je vais d'ailleurs me permettre de le reprendre en référence d'un article un peu ancien que j'ai publié sur mon blog).

Il y a quelques années, on parlait encore d'actions de "fond de portefeuille" (Saint-Gobain, "CGE"...). A ce titre, on parlait encore, par extension, de placement de bon père de famille. Mais hormis les éléments "sécuritaire" que vous évoquez, il est effectivement prudent de se documenter (ce permettent les professionnels).

Pour la part "sécuritaire", je trouve que vous êtes un peu trop restrictif : je préfère parler de 3 à 6 mois de dépenses en épargne de précaution plutôt que de 3 à 6 mois de revenus (peut-être parce que j'ai une part importante de variable...).

Bonne journée,
2. Existe-t-il encore des placements de père de famille ? - 16 août 2013
[...] [Actualisation au 13/07/2013 : pour aller plus loin, je vous invite à consulter un billet du blog du patrimoine qui détaille ce qui reste comme "placement de père de famille".] [...]

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