Une rente à plus de 10 % c’est possible avec les obligations perpetuelles Retour


Vous êtes nombreux à m’interroger régulièrement sur les solutions pour vous constituer un complément de revenus pour la retraite notamment. En fonction du profil de l’investisseur et du contexte différentes options peuvent être envisagées, et il en est une qui est particulièrement attractive en ce moment et pourtant largement méconnue: les obligations perpétuelles. Nous verrons dans cet article comment ça fonctionne, combien ça rapporte et comment il est possible d’en acquérir.

 

Les obligations perpétuelles, comment ça marche ?

Avant tout une obligations perpétuelle est une obligation: c’est un titre de dette émis par une entreprise ou un Etat. L’investisseur qui en achète est donc créancier de l’émetteur de l’obligation.

Une obligation rapporte à l’investisseur un « coupon » d’intérêt dont le taux peut être fixe ou variable.

Si dans le cas d’une obligations classique une date de « maturité », c’est à dire de remboursement du capital, est prévue initialement, une obligations perpétuelle n’a pas de date de maturité: lors de l’émission l’investisseur ne sait pas quand il récupérera son capital.

C’est cette incertitude sur la date de remboursement de l’obligation qui fait des obligations perpétuelle une classe à part, plus risquée (puisqu’on ne sait pas quand on reverra son capital) mais aussi plus généreuse en intérêts.

Combien ça rapporte les obligations perpétuelles ?

Comme pour toutes les obligations le taux d’intérêt dépend de la santé financière de l’émetteur et donc de la note qui lui est attribuée par les agences de notation spécialisées comme Standard & Poor’s, Moody’s ou Fitch Ratings.  Ainsi, plus le risque que l’émetteur ne soit plus en mesure de payer ses intérêts ou de rembourser ses dettes est important et plus le taux d’intérêt est élevé.

La plupart des émetteurs d’obligations perpétuelles sont des banques ou des compagnies d’assurance. Or depuis quelques temps vous n’êtes pas sans savoir que les établissements financiers sont chahutés par les marchés, ce qui a entrainé une baisse de leurs notations et donc une hausse du rendement des obligations qu’elles émettent. C’est là une formidable opportunité !

Ainsi on peut aujourd’hui trouver des obligations perpétuelles émises par des établissements pourtant solides qui offrent un rendement stratosphérique (chiffres au 24 juillet 2012)

  • 10,29 % pour BPCE, la maison mère des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne
  • 8,37 % pour la banque néerlandaise ING
  • 11,41 % pour la banque belge KBC
  • 7,62 % pour BNP Paribas

Énorme !

Pouvez vous vraiment imaginer que BPCE ou la BNP par exemple puissent faire défaut ? Moi non !

Comment en sortir ?

Les obligations perpétuelles portent mal leur nom puisqu’on peut bien entendu en sortir. Pour celà il existe 2 moyens:

  • soit revendre ses titres sur le marché secondaire, mais on les vend alors au prix du marché (qui peut être supérieur ou inférieur à son prix d’achat)
  • soit attendre que l’émetteur les rembourse puisque la plupart des obligations perpétuelles donnent la possibilité à l’émetteur de les rembourser à certaines échéances (ou dont alors que l’obligation est « callable »). Il est important d’avoir bien pris connaissance de la notice d’émission de l’obligation pour connaitre les modalités de ce « call ».

Pour quel type d’investisseur ?

Même s’il est possible de récupérer son capital, l’aléas sur la date de remboursement fait que les obligations perpétuelles sont à mon sens à recommander uniquement aux investisseurs à la recherche de revenus mais qui n’ont pas besoin de conserver la disponibilité du capital. Quel autre placement vous permettrait d’obtenir une rente d’environ 10 % par an avec un tel niveau de risque ? Pas grand chose…

Comment acheter des obligations perpétuelles ?

Bien sur on peut les acheter dans un compte-titres mais la fiscalité n’est alors pas optimale.

Pour les investisseurs qui disposent d’un minimum de 300 000 € à placer en obligations perpétuelles il est possible de réaliser l’opération dans le cadre fiscal de l’assurance-vie au Luxembourg. Ainsi la fiscalité est beaucoup plus douce tant au niveau des revenus que lors de la succession.

Je viens par exemple de monter un projet pour un client qui rapporte du 11,3 % brut en répartissant le capital sur 12 sociétés (Crédit Agricole, Axa, BPCE, BNP, Allianz, Barclays, …) pour un total de 300 k€.

Bien entendu il convient de choisir minutieusement les émetteurs, de bien diversifier et de ne pas mettre tout son capital en obligations perpétuelles (il faut garder des capitaux disponibles en cas de coup dur)  mais à mon sens c’est une option à ne pas négliger.

J’insiste toutefois sur un point: plus que jamais vous appuyer sur un professionnel de la gestion de patrimoine est indispensable puisque c’est un montage qui nécessite des compétences pointues si vous voulez éviter les mauvaises surprises.

Commentaires

1. Mathieu Lajoie de Comprendrevosfinances.com - 8 août 2012
C'est une belle solution, surtout pour les gens retraités qui souhaitent avoir un revenu régulier. Est-ce le même taux d'imposition pour ce rendement d'intérêt que pour un revenu ?
2. Benjamin CLAVEL - 9 août 2012
Bonjour Mathieu,
oui en compte titres l'imposition se fait sur les revenus selon la tranche marginale du foyer, mais un prélèvement libératoire forfaitaire de 24 % est possible pour les particuliers lourdement fiscalisés.
Si on a les moyens opter pour l'assurance-vie est bien plus avantageux fiscalement.
3. Le Self Made Man - 22 août 2012
Superbe article !
Je croyais bien m'y connaitre en termes d'obligations, mais apparemment non. je ne connaissait pas ces obligation"perpétuelles", c'est un placement très intéressant vu le rendement. Mais après tout dépends de chacun et de ses objectifs.
4. choukrov - 27 août 2012
Bonjour,

Article intéressant!

Je souhaite savoir quelles sont les risques réels sur ces obligations perpétuelles.
En effet, j'ai entendu dire que les risques sont très élevés ( dans tous les cas beaucoup
plus que les obligations à taux fixe!) avec ce genre d'obligations ( risque de perte en capital
élevé).
EN général, il est conseillé d'avoir des obligations à taux fixe et sur une échéance assez courte
voire moyenne ( entre 2.5 à 5 ans) et l'idéal serait d'en avoir au moins 2 ou 3 en portefeuille.

Je sais que le site bienprévoir.fr en propose, mais étant méfiant de nature, je me dis que ces obligations avec un un rendement de plus de 6 ou 7% net c'est trop beau pour être vrai et que cela
doit probablement cacher quelque chose de très dangereux dont on n'a pas conscience au moment de la souscription!

Merci d'avance de m'apporter des réponses précises car je suis vraiment intéressé (mais cela me fait un peu peur pour le risque en capital!)
Mon budget pour les obligations serait autour de 5000€ au départ
(pour tester et me mettre en confiance )
cordialement
5. Benjamin CLAVEL - 27 août 2012
Bonjour,

le risque sur une obligation est toujours le même: que l'émetteur ne soit plus en mesure de payer les intérêts et / ou de rembourser le capital. Il faut donc diversifier son investissement sur plusieurs émetteurs et les sélectionner avec soin (de préférence avec un professionnel).

Plus on achète une obligation d'une durée longue et plus le risque est important (puisqu'on ne sait pas de quoi sera fait l'avenir de l'entreprise dans 5 ou 8 ans par exemple alors que pour 1 ou 2 ans on voit à peu près). Les obligations perpétuelles, d'une durée très longue puisque leur durée peut théoriquement être éternelle, font donc porter un plus grand risque qu'une obligation à court terme. Mais le rendement est plus élevé pour compenser ce risque supplémentaire.

Enfin sachez que ce que propose BienPrévoir ce ne sont pas des obligations mais des produits structurés qui répliquent des obligations. Le risque est plus important, et c'est ce qui explique que ça rapporte plus. Ce sont des produits qui ne sont pas à mettre entre toutes les mains et il faut d'abord bien en comprendre le fonctionnement avant d'envisager d'y souscrire.

Concernant votre budget il est malheureusement trop faible pour faire des investissements en obligations en direct. En effet le ticket d'entrée est le plus souvent fixé à 50 000 € (parfois 30 000 €). Vous pourriez par contre vous tourner vers des fonds obligataires à échéance:
http://www.touslesplacements.com/fonds-obligataire-echeance/
6. Plk - 13 septembre 2012
Bonjour,

Votre article est intéressant et pertinent compte tenu du contexte actuel. J'ai déjà un portefeuille d'oblig (CA mais non perpétuelles) et j'envisage d'investir sur la FR0010533414 (perpétuelle groupama callable en 2017). Elle offre un coupon fixe annuel de 3149€ jusqu'en 2017 puis un coupon trimestriel = à l'euribor 3mois +2.6%. Qu'en pensez vous?
7. Benjamin CLAVEL - 13 septembre 2012
Investir en obligation "super subordonnées" perpetuelle d'une entreprise en grave difficulté me semble très dangereux. Personnellement je ne confierai pas un Euros à Groupama.

Je trouve qu'il y a de meilleurs opportunités sur des entreprises plus solides.
8. Vigilant - 6 janvier 2013
Monsieur Clavel,
Après avoir dépensé autant d'énergie, avec quelques autres conseillers - CGP, pour dénigrer les produits immobiliers de Fairvesta qui promettent une rentabilité élevée et auxquels vous reprochiez un manque de garantie (comme si des produits immobiliers pouvaient être garantis !), voici que vous proposez : "Une rente de plus de 10 % avec des obligations perpétuelles", de préférence sans doute au Luxembourg, pays de grande transparence bancaire comme chacun sait !

Que pense l'AMF d'un tel discours "déséquilibré au regard des risques en capital encourus" ?
L'AMF répète souvent, dans ses communiqués, qu' "aucun discours commercial ne doit vous faire oublier qu'il n'existe pas de rendement élevé sans risque élevé".
Avez-vous demandé à vos clients s'ils sont prêts à perdre la totalité de leur capital ? Avez-vous analysé ces produits dans le détail et avec autant de d'exigence et de sens critique que vous l'avez fait avec Fairvesta ?

Et votre remarque suivante prête à sourire : "Pouvez-vous vraiment imaginer que BPCE ou la BNP par exemple puissent faire défaut ? Moi non !"
Dites-moi, qui imaginait la faillite de la banque Lehman Brothers ? Sans doute pas vous, je suppose ? Et pourtant cela s'est réalisé !

Quelle confiance dans la probité et l'honnêteté des banques ! Quelle promesse de rendement démesuré, jusqu'à 11,3 % ! On croit rêver !
Cordialement,
9. Benjamin CLAVEL - 6 janvier 2013
Il n'y a effectivement pas de rendement sans risque. Comme toujours avec des obligations le risque ne remboursement du capital et / ou de non paiement des coupons existe (le non paiement des coupons est par ailleurs plus "facile" pour l'entreprise sur des obligations perpétuelles que sur des obligations classiques).
Néanmoins ces rendements très élevés correspondaient à une anomalie de marché: le risque perçu par les investisseurs était sans aucun doute exagéré par rapport au risque réel. Par ailleurs quelques mois plus tard on constate que les prix de ces obligations ont beaucoup remontés ce qui est très bon pour ceux qui en ont acheté mais qui à l'inverse signifie que si quelque en achète maintenant il aura un rendement bien plus faible (autours de 7 %). Il semble donc qu'à ce jour mes clients qui ont réalisés ce type d'investissement aient fait une très belle affaire.

Enfin je trouve qu'il n'y absolument rien de comparable entre des obligations perpétuelles ( =placements financiers agréés par l'AMF) et les investissements proposés par Fairvesta (= investissement qui repose sur de l'immobilier en Allemagne).
Idem, comparer Lehman Brothers (une pure banque d'affaire privée qui n'avait aucun dépôt) et une banque de réseau comme le groupe BPCE c'est faire un raccourci facile. Ce sont bien 2 "banques" mais elles n'ont finalement presque rien en commun dans leur fonctionnement et dans le risque que présente leur activité.

Avez vous vous même lu les notices AMF de certaines obligations perpétuelles pour bien en comprendre le fonctionnement ?

PS. Concernant votre remarque sur Luxembourg je pense que vous ne connaissez pas le fonctionnement de l'assurance-vie au Luxembourg qui est 100 % transparent puisque tout est déclaré en France pour les résidents fiscaux français. Peut-être devriez vous vous renseigner sur le sujet, ça intéresserait sans doute vos clients puisque l'assurance-vie au Luxembourg ne manque pas d'atouts.
10. Vigilant - 11 janvier 2013
Et toujours la censure lorsque les commentaires vous gênent de trop...
11. Benjamin CLAVEL - 11 janvier 2013
Non je supprime les commentaires uniquement lorsqu'ils n'ont rien à voir avec le sujet dont il est question.

Si vous souhaitez argumenter sur les obligations perpétuelles c'est effectivement ici que ça se passe, mais si c'est pour faire de la retape pour Fairvesta vous n'êtes pas au bon endroit. Le premier coup j'ai laissé passé, mais au 2ème commentaire qui en remet une couche sur Fairvesta ça devient lourd.

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